Ecole de harpe celtique - Grande harpe
Cours enfants et adultes

La harpe a occupé une place importante dans l’antiquité orientale, son apparition en Occident semble se situer au début de l ’ère chrétienne.
La naissance est confuse : plusieurs pays revendiquent avec la même volonté, l’honneur d’avoir tenu la harpe au berceau.
On parle déjà de la harpe dans la poésie Scandinave antique, en Russie, et Irlande.

Dès la VI dynastie en Egypte on savait l’existence des mines d’étain de l’Eire (l’étain servait de monnaie d’échange avec la harpe.

Ce peuple a apporté de nombreuses améliorations à la harpe, puis l’instrument fait son entrée au Pays de Galles, en Ecosse, enfin en Angleterre.

Le premier spécimen de harpe qui a été découvert, l’a été en Angleterre, dans un vase d’époque Alexandrine (harpe de Sutton - Hoo), c’est une harpe égyptienne datant d’environ sept siècles avant notre ère.

Aisément transportables, ces petits modèles sont de style roman, se plaçant entre les genoux, d’une forme triangulaire parfaitement régulière dans ses trois parties : la colonne, la console et la caisse de résonance.

Reconstitution de la harpe du roi Brian-Boru conservée à la Bibliothèque du Trinity Collège de Dublin

D’une façon générale, sculptée dans un tronc de saule, montée d’épaisse cordes de cuivre, elle avait une longue résonance et pouvait aussi faire preuve de délicatesse et de clarté dans les aigus, grâce à l’ancienne technique de jeu avec les ongles.

Si l’exécutant avait le malheur de déplaire au seigneur, on lui coupait les ongles pour le punir.

Tous les harpeurs avaient un riche répertoire adaptable suivant les circonstances pour célébrer le culte, la guerre, la joie, le délassement.

La musique irlandaise se divise en trois genres :  
- Suantrai : la musique qui berce ou qui apaise  
- Geantrai : la musique qui rend gai et combatif  
- Goltrai : la musique triste

La harpe est présente tout au long de l’histoire de l’Irlande, elle l’a inscrit sur son blason.

Au Ve siècle les missionnaires irlandais venus évangéliser l’île de Bretagne ont introduit la harpe, qui adoptera d’ailleurs la culture celte.

Les bretons du continent l’ont propagé en France et en Europe.

La musique populaire en Bretagne est avant tout une musique de tradition orale, transmise de génération en génération.

Elle a toujours été présente lors des grandes manifestations : mariages, travaux agricoles ou les pardons.

Au moyen-âge, période que l’on situe traditionnellement en Europe entre la disparition de l’empire romain vers 476 et la chute de Constantinople vers 1453 (cette période représente l’âge d’or de la harpe).

Pour la première fois la présence de la harpe est attestée par les chroniqueurs de l’époque et l’on retrouve trace de musique écrite dans les bibliothèques européennes.

Les documents peints ou sculptées, les enluminures révèlent les améliorations successives apportées au petit instrument.

la harpe est l’instrument favori de la noblesse en France et en Angleterre.

La forme triangulaire va être définitivement adoptée, ce qui n’empêchera pas certaines modifications de l’instrument.

- Incurvation de la colonne  
- Courbure de la console
- Agrandissement de la taille

Mais la harpe médiévale reste immuablement diatonique, alors que le chromatisme naissant envahit peu à peu la musique avec l’introduction des altérations (dièses et bémols sont loin d’avoir le même âge, le bémol seul a figuré dans les livres de plain-chant, on l’y retrouve dès l’année 927 ; dans quelques pièces de la fin du XIIIe apparaît le dièse).

En parallèle à l’évolution de la composition musicale de l’époque, l’évolution de la harpe continue, aboutissant à de nouveaux perfectionnement.

Rapide évolution de la facture de la harpe

Son évolution, ses améliorations successives relèvent de ces différentes dates :

1660 : HARPE A CROCHETS

Vers 1660 des facteurs tyroliens imaginent de changer la tension de certaines cordes au moyen d’un crochet actionné par la main de l’exécutant. Ce système modifiait le son d’une seule corde, sans que les répliques d’octave soient altérées. C’est le principe des harpes celtiques. Ce système modifiait le son d’une seule code sans que les répliques d’octave soient altérés.

1720 : LA HARPE À CROCHETS ET À PÉDALES

Vers 1720, un facteur de harpes, du nom de HOCHBRUCKHER trouve le moyen de faire mettre les crochets en mouvement par le jeu de 7 pédales placées à la base de l’instrument et reliées aux crochets par une ingénieuse mécanique qui se trouve à l’intérieur de la colonne. Chaque pédale peut être abaissée d’un cran.

C’est la harpe à simple mouvement.

1811 : LA HARPE A DOUBLE MOUVEMENT

Sébastien ERARD, vers 1811, pense alors que chaque pédale pourrait avoir 2 crans d’arrêt, à la base de la harpe, ce qui permet, pour chaque note de musique d’avoir les " hauteurs de sons possibles :

- la note bémol,  
- la note naturelle,  
- bécarre  
- et la note dièse.

Elle se nomme pour cette raison la harpe à double mouvement et possède au maximum 47 cordes. Si la harpe à double mouvement avait rapidement conquis le public européen, il fallut attendre 1835 pour que son enseignement officiel fût imposé en France.

1894 : LA HARPE CHROMATIQUE (sans pédales)

Inventée par GUSTAVE LION en 1894, cette harpe à cordes croisées possède 78 cordes fixées parallèlement en deux rangées sur la table, les " blanches " étaient placées du côté gauche et les " noires " du côté droit. Ce second jeu de cordes transversales donnait tous les demi-tons chromatiques sans mécanisme et son poids 60 kg. Son emploi très peu commode lui fera préférer par les harpistes, la harpe à double mouvement, d’autant plus qu’il ne permettait pas un des plus jolis effets de la harpe, le glissando.

Sans passer sous silence les tentatives de modifications du système des pédales, effectuées par quelques facteurs de harpes, dont les plus intéressant sont :  
- Comte Michel Oginski (1731 - 1803)  
- Pierre Cousineau (1753 - 1803)  
- François- Joseph Naderman (1773 - 1835)
et plus près de nous
- Joël Garnier (1941-2000) inventeur de la harpe à mémoire (1984), véritable prouesse technologique, mais difficilement exploitable commercialement.

Cette harpe révolutionnaire fait partie des collections du Musée de la Cité de la Musique à Paris.

2005 : LA HARPE AUTOMATIQUE *

2005, Jean-Marie Panterne lance un bloc de commande automatique de pédales de harpe, idée qui lui est venue lors d'un dîner avec la harpiste Anja Linder, devenue parplégique suite à un grave accident.

C'est un sysème électro-mécanique de passage des pédales d'une harpe selon un schéma programmé et automatiquement exécuté par la machine. Le modèle définitif, à présent disponible, est un système électro-pneumatique alimenté par un compresseur.

Il est inséré dans le socle de la harpe, et adaptable à toute marque.

Chaque combinaison de pédales est commandée par la harpiste au moyen d'une commande qui lui est propre (pédale unique, levier, souffle dans un microphone)

Au préalable, la harpiste aura programmé sur son ordinateur la succession des combinaisons de pédales. Les fichiers, crées pour chaque morceau, sont injectés dans le bloc automatique jusqu'à représenter un programme de concert.

A ce moment, la harpe et son bloc de commande sont totalement autonomes.

En plus de l'intérêt évident pour Anja, le nouveau système permet :
- L'utilisation d'une harpe pour des combinaisons complexes de pédales dans la musique contemporaine ou le jazz
- Une utilisation industrielle pour tester des mécaniques ou des cordes de harpes lors de passage de pédales.

* Texte de Christophe RANÇON, directeur de l'Instrumentarium à Paris

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